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RDC: l’ONU appelle à des élections crédibles

S’exprimant devant les membres du Conseil de Sécurité, à New-York, la Représentante spéciale du SG des Nations Unies en République Démocratique du Congo a relevé les méfiances entourant ce processus électoral avant d’exhorter les Congolais à « saisir cette occasion historique »

La Représentante Spéciale du Secrétaire Général des Nations Unies en République démocratique du Congo, Mme Leila Zerrougui,  a lancé jeudi dernier un appel à toutes les parties prenantes pour qu’elles saisissent « cette occasion historique » pour permettre la tenue d’élections crédibles le 23 décembre, afin d’offrir un avenir plus stable au peuple congolais.

A cinq mois des élections prévues le 23 décembre prochain en RDC, les préparatifs ont atteint un tournant important avec l’ouverture des bureaux de réception des candidatures pour les élections présidentielle et législatives, a déclaré la Représentante spéciale du SG de l’ONU, devant le Conseil de sécurité.

Ces élections continuent de susciter de grandes attentes tant au sein de la population congolaise qu’au niveau de la communauté internationale, car elles revêtent d’importants enjeux dans la perspective de la consolidation de la stabilité de la RDC et de toute la région, a-t-elle analysé.

Alors que des progrès significatifs ont été enregistrés pour respecter les étapes cruciales du calendrier, a poursuivi la Représentante spéciale, le processus électoral continue de souffrir de « suspicion et de méfiance » entre la majorité et l’opposition, et entre l’opposition et la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Elle a énuméré les griefs sur lesquels s’appuie l’opposition. Il s’agit entre autres, de la machine à voter, du fichier électoral et le non- remplacement du délégué de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) au sein du bureau de la CENI comme le réclame ce grand parti d’opposition.

Ces griefs sont d’ailleurs repris dans une Déclaration publiée le 23 juillet à Kinshasa, par un groupe de cinq partis et plateformes politiques de l’opposition comprenant l’UDPS, Ensemble, l’Union pour la nation congolaise (UNC), le Mouvement de libération du Congo (MLC), et la Dynamique de l’opposition.

Cette Déclaration exige également le retour au pays de certaines figures emblématiques et la libération des prisonniers politiques dans le cadre de la mise en œuvre des mesures de décrispation prévues par l’Accord de la Saint-Sylvestre.

La Représentante spéciale s’est toutefois déclarée encouragée par le fait que tous les partis politiques ont enregistré avec succès leurs candidats aux élections provinciales, soit 18.000 au total, dont 12% de femmes, pour 715 sièges à pourvoir.

Beaucoup reste encore à faire !

La responsable de la Mission onusienne en RDC (MONUSCO) s’est cependant dite préoccupée par la faible mise en œuvre des mesures de renforcement de la confiance. Si le Ministre de la Justice a annoncé la remise en liberté de 4.109 prisonniers, aucune figure emblématique ne se trouvait parmi eux, regrette–t-elle.

La patronne de ma MONUSCO a aussi déploré l’annulation  des manifestations pacifiques des acteurs de la société civile et des opposants politiques  qui font l’objet d’arrestations arbitraires sans oublier les journalistes  qui subissent des menaces dans l’exercice de leur travail. Selon elle, les conditions d’une situation équitable ne sont pas encore réunies, et en l’absence de progrès sur ces fronts, la crédibilité et le caractère inclusif des élections pourraient être mis en cause, a-t-elle prévenu.

Situation sécuritaire imprévisible

S’agissant du volet sécuritaire du processus électoral, la Représentante spéciale du Secrétaire Général de l’ONU en RDC a fait état d’une « situation fragile  qui s’est même détériorée dans certaines régions du pays », en particulier dans les Kasaï, où sévissent toujours des miliciens armés, au Nord-Kivu, où opèrent encore les Forces démocratiques alliées et aussi dans les provinces du Sud-Kivu, du Maniema et du Tanganyika.

Mme Zerrougui a également rappelé les tensions qui ont été observées à Djungu, dans la Province de l’Ituri, mais qui viennent de s’atténuer, grâce aux efforts de la MONUSCO. Elle a néanmoins porté à l’attention du Conseil de sécurité le fait que le personnel de la Mission est de plus en plus souvent pris pour cible, comme cela a été le cas à Beni et à Uvira.

La Représentante spéciale du SG de l’ONU en RDC a saisi cette occasion pour épingler les préoccupations croissantes des employés de l’ONU à propos de leur sécurité, alors que la MONUSCO devra, dans les mois à venir, opérer dans un environnement de plus en plus tendu avec des ressources inférieures de 38,8 millions de dollars à la proposition budgétaire du Secrétaire général.

« Si je le mentionne, ce n’est pas pour plaider pour davantage de ressources – nous connaissons tous la nouvelle réalité financière à laquelle font face les opérations de maintien de la paix, mais parce qu’il importe de comprendre qu’alors que les ressources diminuent, le mandat de la MONUSCO reste le même et que les attentes continuent de croître », s’est-elle expliquée. Selon elle, la capacité de réaction des Casques bleus aux risques émergents sera limitée, en particulier dans des zones fortement peuplées ou isolées, a souligné la Représentante spéciale.

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