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RDC : le Ministère de la santé tente d’éteindre la polémique liée à la lettre du Fonds mondial

La toile congolaise est surprise ce jeudi de découvrir une correspondance du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, datée du 16 juillet et adressée au ministre démissionnaire Oly Ilunga. Laquelle évoque « l’absence d’informations fiables et exhaustives sur les dépenses publiques effectuées dans le secteur de la santé en RDC en 2018 ».

La République démocratique du Congo est le deuxième pays bénéficiaire des fonds liés à la lutte contre les trois maladies. Elle est par conséquent obligée de tenir aux « engagements » qu’impliquent l’octroie de ces financements, tel que communiqué de manière détaillée des informations officielles sur l’investissement de l’État dans le secteur de la santé. Ce que visiblement elle n’a pas fait pour l’année 2018.

Et le gestionnaire de portefeuille de cette institution internationale s’est montré impatient face au silence prolongé du Ministère de la santé, qui est censé donner ces informations.

« Je suis au regret de vous rappeler que, malgré nos sollicitations répétées, aussi bien auprès de vos services qu’à travers le comité de suivi du cofinancement de l’instance de coordination nationale, nous n’avons reçu à ce jour aucune information exhaustive et fiable sur les dépenses publiques effectuées dans le secteur de la santé en République démocratique du Congo en 2018 », écrivait-il au ministre Oly Ilunga.

Il rappelait, « les 09 et 10 octobre prochain se tiendra à Lyon une conférence de reconstitution du Fonds mondial qui vise à mobiliser 14 milliards de dollars… La RDC étant le deuxième pays bénéficiaire des fonds du Fonds mondial, il est probable que les réalisations de ses engagements fassent l’objet de toutes les attentions ».

Et de souligner que « l’absence d’informations fiables et officielles ou un manquement du pays à ses engagements pourrait avoir un impact négatif quant à la prochaine allocation ».

Ces informations ont suffit pour délirer la toile où certains ont vite fait un raccourci avec un détournement de fonds imaginaire. Visiblement il n’en est pas question, plutôt celle de la lenteur et de l’hésitation à la transparence.

Le ministère veut se dédouaner

Dans une note explicative publiée rapidement le même jeudi 25 juillet, le ministère affirme que « le ministre de la santé sortant a répondu à cette lettre le 20juillet ».

Avant d’aborder une explication qui clairement vise à soustraire le ministre et ses services pour mettre en avant le gouvernement et autres services du Ministère.

« Les financements du Fonds mondial aux pays récipiendaires sont conditionnés par ce qu’on appelle des « fonds de contrepartie » », explique les services de presse du Ministère.

C’est-à-dire, l’organisme international demande aux pays récipiendaires d’investir sur « fonds propre » dans le secteur de la santé, un certain pourcentage du montant donné.

Et de préciser, « dans la pratique, le Fonds mondial veut obtenir les informations sur les investissements du gouvernement dans le secteur de la santé. Ceci implique que les programmes concernés du Ministère de la santé sous la coordination du secrétariat général, les services des Ministères du budget et de finances rassemblent tous les éléments devant être envoyés au Fonds mondial ».

L’institution souhaite par ce mécanisme s’assurer de « l’appropriation nationale de la lutte contre les trois maladies (la tuberculose, le sida et le paludisme). »

Ce qu’omet les détails explicatifs du ministère, ce que la correspondance révèle la lenteur de la gestion du docteur Oly Ilunga, l’hésitation à être transparent à l’égard de partenaires internationaux et le manque de souplesse dans la collaboration avec les autres services concernés.

TAD

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