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RDC : « la suspension de la directrice générale du FNPSS peut faire basculer deux grands projets financés par la BAD », alerte la Haute académie de la société civile congolaise

Il y a peu, la directrice générale du Fonds national de promotion et de service social (FNPSS) a été suspendue par la ministre des affaires sociales Rose Boyata. Ce vendredi dans un communiqué, Richie Lontulungu, directeur exécutif de la Haute académie de la société civile congolaise (HASCO), demande à la ministre de revenir sur sa décision qui « s’apparente à un règlement des comptes personnels » et de privilégier plutôt le dialogue, pour « préserver la crédibilité du gouvernement. »

« J’appelle madame la ministre des Affaires sociales à revenir sur son acte administratif pris en date du 23 mars 2020 portant suspension de la directrice générale du FNPSS. C’est un arrêté a caractère irrégulier. Nous invitons la ministre à privilégier un dialogue franc et permanent avec les entités sous tutelle de son Ministère. Face à ce qui se passe nous devons, à tout prix, préserver la crédibilité du gouvernement. Des actes qui s’apparentent à un règlement de comptes ne sont pas l’apanage des hommes d’Etat et de femmes d’Etat. Cela ne contribue qu’à ternir l’image de l’Etat et risquerait d’instaurer l’anarchie dans les rapports entre ministres et leurs entités à charge. Notre crainte aujourd’hui c’est de voir l’acte posé par la ministre servir de mauvais précédent et de jurisprudence. Il faut de toute urgence revenir dans le droit », a-t-il dit.

Avant de poursuivre, « il faut rappeler que lors de la 24ème session du Conseil des ministres tenue le 6 mars 2020, une question en rapport avec le FNPSS avait été débattue et celle-ci n’avait pas obtenue un avis favorable dans les délibérations du Conseil. Parlant des irrégularités dans l’arrêté pris par madame la ministre des Affaires sociales, il tient lieu de rappeler que le Conseil des ministres ne siège pas pour raison de Coronavirus. En second lieu, notre pays est régi par la loi sur les établissements publics et ses mesures d’application, il faut au préalable qu’il y ait un fait répréhensible, suivi d’une demande d’explication et l’ouverture d’une action disciplinaire en cas de faute établie et ensuite la notification en bon et due forme au mandataire public concerné par la mesure disciplinaire pour sa mise en vigueur. Dans le cas d’espèce, la DG Alice Mirimo, suivant sa dénonciation, n’a appris sa suspension que sur internet avec des lettres du ministre circulant dans les réseaux sociaux et ensuite un communiqué lu sur RTNC à cet effet. La procédure n’a pas été respectée. »

Pour enfin conclure, « je demande à la ministre de privilégier le dialogue avec ses entités affiliées pour préserver l’équilibre des institutions. Généralement au Congo, lorsqu’on a posé un acte, on se dit : et si je faisais marche arrière, que diront les autres. Seulement, une telle réflexion n’est pas valable pour des hommes et femmes d’Etat. Il faut savoir faire des choses en bonne et due forme. Je rappelle que deux projets importants sont logés aux FNPSS financés par la BAD, le PAT-PUIDC et le PABEA COBALT, en faveur des enfants vulnérables et des jeunes. Notre imprudence peut faire perdre au pays ces financements. Les bailleurs ont déjà avisé le pays à ce sujet et notre pays compte malheureusement plusieurs expériences de ce type : des règlements de compte personnels qui font perdre à l’Etat des avantages. Cela ne fait point de doute qu’aux yeux de la BAD, la DG Alice Mirimo incarne une confiance. »

TAD

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