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Le PRONANUT tient à la nutrition comme fondement du système sanitaire en RDC

La nutrition doit être considérée comme le fondement du système de santé en République démocratique du Congo (RDC), a  déclaré le directeur du Programme national de nutrition (Pronanut), Guylain Kaya, au cours d’une émission mardi au Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) avec le Réseau des journalistes amis de l’enfant (RJAE).

Pour ce médecin, la malnutrition est définie comme une maladie grave due à un déséquilibre en apport alimentaire qui ne satisfait pas au besoin de l’organisme, soit par l’excès  alimentaire (le surpoids  ou l’obésité) ou de la carence alimentaire (Kwashiorkor ou le marasme). Celle-ci doit donc récupérer sa première place en RDC, en vue de quitter l’étape d’urgence vers l’étape de développement, car sans une nutrition saine, on investit dans un organisme  malade, a dit le docteur. Il a dressé le tableau de la situation nutritionnelle en RDC où 43% d’enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique soit 6 millions d’enfants de moins de 5 ans concernés chaque année.

Environs 2 millions de cas de malnutrition aiguë sévère, soit 8% de la population, a-t-il précisé, en mettant un accent sur les interventions du gouvernement à travers le programme national. Il s’agit notamment, de la mobilisation des partenaires, des actions préventives pour la promotion de l’allaitement maternel exclusif, de la consultation préscolaire en vue de suivre l’évolution pondérale  des enfants (la taille), des interventions de nutrition assise communautaire, de la supplémentation en vitamine A, en zinc et de la prise en charge des cas aiguë sévères.

La malnutrition, selon le Dr Kaya, est l’une des causes de mortalité infanto-juvénile, soit 50% de cas enregistrés pour lesquels le gouvernement doit mettre plus de moyens pour renverser la tendance et leur donner la chance de vivre sans maladie, a-t-il ajouté, précisant que la malnutrition aiguë sévère  est accompagnée avec d’autres pathologies.

Causes et conséquences de la malnutrition

Par ailleurs, le Pr Ali Mapatano Mala, de l’Université de Kinshasa  et le chef de section nutrition à l’Unicef, Mme Ines Lezama ont épinglé les causes, les conséquences  et les signes de la malnutrition sous toutes ses formes sur la survie, la santé, l’économie et développement, mettant un accent sur la diminution des capacités cognitives, le problème de mémoire, la lenteur intellectuelle ou des troubles d’apprentissage en lecture ou en écriture.

Il y a aussi le retard de croissance, un déficit de quotient intellectuel, un système cognitif qui ne se développe pas, une perte économique de plus d’un milliard de dollars pour le pays ainsi que les décès d’environ 160.000 d’enfants de cinq ans chaque année suite aux conséquences de la malnutrition, avant d’établir la différence entre la malnutrition chronique et celle dite aiguë sévère.

Le Pr Ali Mala a signifié que les causes de la malnutrition peu importe les types, sont dues en apport alimentaire non adéquat en quantité et en qualité, l’incidence de certaines maladies, la carence de vitamine, le sel minéraux, l’hygiène et l’apport des soins de santé. Pour sa part, M. Eustache Ndokabilya Dunia de la coopération Suisse, a relevé quelques interventions dans le domaine sanitaire en RDC, particulièrement en matière de nutrition, avec une approche innovante incluant notamment le développement sensible à la nutrition, les activités spécifiques à la nutrition (avec l’agriculture, l’eau l’hygiène et l’assainissement) ainsi que les aspects de coordination.

Partenaire à l’instar de la FAO, de l’Unicef et du PAM, la coopération Suisse œuvre pour l’aide internationale en appui aux efforts du gouvernement de la RDC. Elle a expérimenté un projet depuis 2015 au Sud Kivu, en vue d’apporter une assistance technique et financière en faveur des actions visant  les 1000 premiers jours de la vie des enfants.

Tous les intervenants ont reconnu les efforts conjugués par la RDC dans la lutte contre la malnutrition, en plaidant pour un accompagnement efficace du gouvernement, premier responsable de la santé et sur une implication active  en termes des moyens pour une réponse efficace  et multi sectorielle,  les défis à relever étant énormes.

ACP

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