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L’arrêt du Projet d’alimentation en eau potable en milieu urbain risque d’annihiler les attentes des populations

L’arrêt du Projet d’alimentation en eau potable en milieu urbain risque d’annihiler les attentes des populations de la RDC, indique un document de la Cellule d’exécutions des projets-eau CEP-O, parvenu mardi à l’ACP, qui souligne que les villes de Kinshasa, Matadi, Lubumbashi et Kindu seraient les premières à être affectées.

Selon la CEP-O, la Régie de distribution d’eau (REGIDESO) bénéficie depuis novembre 2009 d’un appui de la Banque mondiale à travers le Projet d’alimentation en eau potable en milieu urbain (PEMU), afin d’accroître de manière durable l’accès à l’eau potable et d’améliorer l’efficacité de cette entreprise par une réduction des pertes, un accroissement de sa productivité et une amélioration de sa situation financière.

Les activités du financement initial (190 millions de dollars  américains), achevées en 2016, ont couvert les villes de Kinshasa, Lubumbashi et Matadi tandis que celles du financement additionnel PEMU-FA (166 millions de dollars américains), qui devraient s’exécuter jusqu’en fin 2018, concernent, outre ces trois villes, la ville de Kindu.

Le financement additionnel est venu pour consolider les acquis du PEMU initial au regard de bons résultats obtenus à l’issue de la mise en œuvre des activités du financement initial, dont l’accès à l’eau potable de près de 2 millions de personnes supplémentaires grâce au projet contre un objectif de 1,2 million de personnes.

De l’eau potable pour 3 millions de personnes additionnelles

La CEP-O confirme qu’à l’achèvement du PEMU-FA, le nombre de personnes additionnelles qui auront accès à l’eau potable approcherait les 3 millions et qu’on aura atteint à Lubumbashi et à Matadi un taux de desserte de près de 100%.

« Si les indicateurs liés aux investissements physiques, objet du premier volet de l’apport du projet PEMU, se réalisent à la grande satisfaction des autorités gouvernementales ainsi que de la Banque mondiale, les indicateurs liés aux mesures d’amélioration de l’efficacité de la REGIDESO marquent le pas », souligne la source qui affirme qu’une étude est en train d’être menée en vue de définir le schéma d’évolution institutionnelle de la REGIDESO pour l’après 2018.

Malgré les dispositions en matière de financement des projets de développement selon lesquelles un projet ne peut pas avoir plus de dix ans d’exécution, la Banque mondiale s’apprête à clôturer au 31 décembre 2018, alors que l’achèvement des activités à ce jour est envisagé pour 2020.

Une situation inconfortable pour la population

L’arrêt du Projet d’alimentation en eau potable en milieu urbain mettrait la population, déjà sensibilisée et en attente d’avoir l’eau potable, dans une situation inconfortable, assure la CEP-O qui s demande « pourquoi arrêter le projet en si bon chemin alors qu’il a redonné de l’espoir à des millions des populations, lesquelles ont vu la lueur de la disparition de leur corvée en matière d’eau potable ? »

Celle-ci renseigne que la ville de Kindu, chef-lieu de la province du Maniema, qui devait acquérir des installations de production et de distribution modernisées et renforcées, verrait s’envoler l’espoir d’une amélioration de sa desserte en eau potable, tandis qu’à Lubumbashi, où la production en eau potable est assurée à 70% par les sources de Kimilolo, le niveau de la desserte pourrait être sensiblement détériorée.

A Matadi où plusieurs quartiers ne reçoivent pas d’eau par manque de réseaux secondaires et tertiaires, l’arrêt du PEMU-FA anéantirait les attentes de la population actuellement assoiffée, tandis qu’à Kinshasa, où l’intervention de la Banque mondiale à travers le projet PEMU a attiré d’autres partenaires techniques et financiers pour appuyer le Gouvernement en vue de réaliser la deuxième tranche du complexe industriel d’eau potable de Binza Ozone, l’arrêt de ce projet pourrait compromettre cet appui.

La Cellule d’exécution des projets-eau détient en son sein des capacités techniques et administratives suffisantes pour mener à bon port les activités du PEMU-FA, à l’instar de la mise en œuvre des activités du PEMU initial ainsi que celles du projet d’alimentation en eau potable et d’assainissement en milieu semi-urbain (PEASU), sous financement de la Banque africaine de développement, rappelle-t-on.

À ce jour, plus de 80% des activités du PEMU-FA sont engagées et les travaux ont démarré dans les villes de Kinshasa, Lubumbashi et Matadi.

ACP

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