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Fête du travail : « C’est lorsqu’on m’a refusé un poste que je me suis rappelée mon handicap »

Ils sont des millions de personnes vivant avec handicap à travers le monde à être apte à pouvoir exercer un travail. Seulement, leur condition d’handicap constitue un blocage pour plusieurs qui se voient refuser des postes malgré leurs compétences intellectuelles avérées. Lysette Kavira est l’une d’entre elles, vivant à Kinshasa, et dont la situation d’handicap n’a nullement constitué un obstacle pour se forger une place de choix en occupant plusieurs postes importants au sein des institutions publiques. À l’occasion de la journée internationale du travail, elle a accepté de partager son expérience à travers notre plume.

« Déjà, moi j’ai eu la chance de grandir dans une famille dans laquelle on ne m’a pas considéré totalement comme une personne handicapée. Cela a fait à ce que j’ai suivi l’éducation scolaire normalement comme tous mes frères et sœurs« , a-t-elle fait savoir.

Voici au départ et en amont, une circonstance et un environnement qui ont efficacement contribué à sortir Lysette d’une caricature mentale et morale stéréotype, pouvant l’emmener à se regarder et se considérer comme différente de ses semblables.

Pour elle, tous ce que ces frères et sœurs pouvaient faire, elle le pouvait aussi. Ce qui l’a permise de pouvoir relever les défis de la vie non en mettant en avant son handicap dont elle a fait fi pour affronter la vie.

 » Le choix de mes études je les ai faits en fonction de ce que je voulais faire […] ma famille ne m’a pas fait voir que les portes me seraient fermées, ou que les choses allaient plus difficiles pour moi à cause de mon handicap« , soutien Mme Kavira.

Comme tout autre être, Lysette par sa détermination, a fait d’elle une travailleuse professionnelle qui a su mettre en exergue ses compétences intellectuelles au-delà des stigmates dont les PVH (Personnes Vivant avec Handicap) sont l’objet.

Alors étudiante, sa motivation au terme de ses études était de pouvoir intégrer le système des Nations Unies. Première demande d’emploi au sein de cet organisme international, retenue pour les premiers tests, seulement Lysette se verra écartée à cause de son handicap, quand devant le recruteur, l’interview a été un choc pour elle.

 » […] Wooo ! Madame félicitations, vous avez été excellente, un parcours sans faute jusqu’ici, seulement le poste pour lequel vous postulez sera un peu plus difficile, car il faudra aller sur terrain, et avec handicap ce ne sera pas possible« , lui a laissé entendre son interlocuteur. Ce refus dit-elle, lui a clairement fait voir que les choses allaient être plus difficiles pour elle, et qu’il était peut-être temps de chercher un emploi pour lequel l’employeur allait accepter sa condition physique pour une tache qui le lui permettrait.

« Ce premier rejet m’en fait rappelé, m’a ouvert les yeux sur mon handicap« , dit-elle.

Sans résigner, cette battante ne s’est pas permise de croiser les bras malgré le découragement qui a semblé gagner un peu son morale. Poursuivant son rêve d’interprète, de dépôt en dépôt, la chance lui a finalement sourie, quand finalement elle a eu à décrocher un emploi. Des différentes postes qu’elle a eu à occuper, elle avoue n’avoir jamais été stigmatisée, bien au contraire, ses compétences et son savoir-faire en nettement joué en sa faveur. Depuis, elle encourage les autres PVH à ne pas lâcher prise et à poursuivre leurs rêves.

On compte actuellement près de 470 millions de personnes handicapées en âge de travailler à travers le monde. Alors que l’information sur leur situation en matière d’emploi fait défaut et que les comparaisons sont difficiles au plan international, il est évident que le déficit d’emplois décents les frappe plus durement. De nombreuses personnes invalides des deux sexes ne sont pas en mesure de trouver un emploi décent même après une formation.

Elles sombrent alors dans la frustration et l’apathie. Découragées par les barrières discriminatoires et les idées pré conçues sur leur capacité à travailler, nombre d’entre elles abandonnent toute recherche active d’emploi pour s’en remettre aux prestations, lorsqu’elles existent, ou gagner leur vie en occupant un emploi à faible valeur ajoutée dans l’économie informelle, avec le soutien de leur famille et de leur communauté.

Rien d’étonnant alors qu’un lien étroit relie handicap et pauvreté. Selon les statistiques des Nations Unies, 82% des personnes vivant avec handicap vivent en dessous du seuil de pauvreté dans les pays en développement, et elles sont parmi les plus vulnérables et les plus marginalisées. On estime qu’elles représentent 15 à 20 pour cent des pauvres dans ces pays.

Nous nous rendons compte, qu’au fur et à mesure de l’Histoire, la perception du handicap a notablement évolué. Nous sommes passés d’un véritable rejet de la personne handicapée à la reconnaissance d’un usager citoyen. L’égalité des chances est un principe selon lequel tous les individus doivent bénéficier des mêmes « chances » notamment dans le domaine de l’emploi et de l’éducation, indépendamment de leur sexe, de leur origine sociale ou ethnique, de leur appartenance religieuse, de leur éventuel handicap.

Djodjo Vondi

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