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Cache-nez: l’utilisation reconverti en usage

Utilisé au départ pour se protéger contre le coronavirus, le port du masque perd de plus en plus l’essence même de sa mission. Plusieurs Kinois interrogés à ce sujet sur les motifs actuels du pourquoi ils portent le masque, avouent le faire non pour des raisons de sécurité sanitaire. De la discrétion à l’habitude, en passant par des exigences selon des lieux divers, plusieurs Kinois admettent ne plus le porter pour se protéger contre le virus, mais plutôt pour des raisons bien autres. Notre plume est allée recueillir les avis de certains d’entre eux.

« Si je le porte aujourd’hui, c’est bien plus pour éviter le regard de certaines personnes que je n’aimerai pas croiser en route. Parfois c’est mieux de ne pas être reconnu en public. Je préfère passer inaperçu pour ne pas avoir à être dérangé », avoue Mr. Florent, la quarantaine révolue. Ce dernier estime entre autre que le virus n’est plus d’actualité et que les risques de son danger sont à présent à minimiser. Cet habitant de Kinshasa préfère lui utiliser le masque à des fins de discrétions.

Si pour Mr. Florent le port du cache-nez est devenu un motif de jeu de cache-cache, pour Madame Isabelle, il lui sert actuellement à éviter les mauvaises odeurs de Kinshasa. « La ville de Kinshasa est tellement sale que les mauvaises odeurs parfument notre capitale. Moi j’habite la commune de Kasa-Vubu du coté de Saïo, je vous assure que là se trouve une poubelle depuis des lustres qui nous polluent l’air. Pas seulement là, mais même ailleurs dans certains autres coins… ». Elle n’est pas la seule à donner cette raison, puisque certains avouent également le faire pour éviter les mauvaises haleines de certains.

« J’en ai souffert l’année passée, et j’ai failli en mourir, depuis c’est devenu très psychologique chez moi, je me sens toujours exposé à de potentiels personnes contaminées tant que les autorités n’auront pas déclaré la fin de cette pandémie ». C’est donc beaucoup plus par peur que Lamine dit porter le masque. Ayant été l’une des nombreuses victimes de cette maladie, une rechute serait fatale pour elle, en est-elle convaincu. Raison pour laquelle porter un masque en permanence s’avère plus que nécessaire.

Plus stricte encore, les lieux de cultes l’étaient pour éviter d’être frappés par les sanctions qui suivaient tous ceux qui ne s’alignaient pas derrière la mesure. L’ont se souviendra surtout de cette mise en garde de l’inspecteur provincial de la Police de Kinshasa. Pourtant, aujourd’hui, même certaines Églises semblent avoir baissé la garde. Difficile de trouver à ce jour des cultes avec le respect des gestes barrières.

Bien au-delà de toutes ces raisons évoquées, il y a également cet aspect contraignant dans les supers marchés et autres sites publics, où avant d’y accéder, le port du cache-nez est une obligation, sans quoi, l’accès vous ait interdit. Du coup, les masques sont en ventes juste à l’entrée de ces sites pour ceux qui n’ont en pas. Aux prix de 500Fc, vous l’avez, et au finish il ne vous sert qu’à franchir la porte d’entrée, puisqu’une fois à l’intérieur, personne pour jouer à la police de surveillance derrière vous. Personne pour vous contraindre à le garder sur vous, vous pouvez même l’enlever sans en être inquiétés.

Cette pratique s’est finalement érigée en véritable business pour ces lieux publics. 500 Fc par tête manquant un cache-nez, la stratégie est plutôt fructueuse pour ces diverses sites qui n’hésitent pas à d’avantage durcir le ton.

Dans les transports publics, le respect de la distanciation physique reste difficile et le port du masque en particulier lors des heures de pointe. Le port du masque fait partie d’un ensemble de gestes barrières (aération, lavage régulier des mains, distanciation, etc.). Certains continuent à le porter, tandis que d’autres non.

La dernière décision du gouvernement allégeant les mesures barrières datant du mois de Février n’excluait pas le port du masque, bien au contraire, cette mesure demeure jusqu’ici d’actualité, faisait savoir le porte parole du gouvernement Congolais. Seul un problème de suivi se pose.

Comment expliquer ce relâchement ? Le gouvernement est-il défaitiste face à une population récidiviste ? La situation épidémiologique est-elle moins risquée aujourd’hui ? Le silence des autorités et sa passivité sur la question conforte la thèse selon laquelle les risques de la maladie sont amoindri. Surtout en l’absence d’une communication de l’équipe de riposte qui semble avoir baissé la garde en terme de sensibilisation.

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