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Maitre Gims : “On me reproche de ne pas prendre parti”

Le rappeur Gims, en tournée dans toute la France, a expliqué samedi au micro de la radio Europe 1 pourquoi il ne fait jamais de concert dans son pays de naissance, la République Démocratique du Congo.

C’est le rappeur congolais aux cinq millions de disques vendus : Maître Gims – qui se fait appeler désormais Gims – a sorti un nouvel album fin avril, Transcendance, qui reprend 40 titres de son dernier album Ceinture noire et 13 chansons inédites. Ce nouveau disque s’inscrit dans le cadre d’une tournée française et européenne, le “Fuego Tour”, qui prendra fin en France le 28 septembre au Stade de France. “Ce sera un concert incroyable, avec une entrée grandiose”, promet le chanteur et producteur au micro d’Isabelle Morizet dans l’émission Il n’y a pas qu’une vie dans la vie, samedi.

Si Gims est devenu en France un artiste complet, qui écrit, compose, chante, produit, et remplit les plus grandes salles du pays, l’homme de 32 ans se garde toutefois de se produire dans son pays d’origine, la République Démocratique du Congo (RDC), où il est considéré comme une véritable légende vivante.

Escorté par l’armée en RDC

“Je n’y vais pas assez régulièrement pour plein de raisons. Les seules fois où j’y suis allé, c’était pour des concerts, car ça reste très compliqué pour moi d’y aller. Je suis tellement populaire là-bas que je suis obligé d’y aller avec l’armée… Je ne peux pas vraiment me promener, je ne peux pas sortir comme ça, me poser quelque part, au restaurant… Je ne peux rien faire, c’est impossible”, raconte Gims sur Europe 1.

Et le rappeur de rappeler la situation politique de ce pays d’Afrique centrale, en proie à l’instabilité depuis la guerre civile et la résurgence de milices : “Ce pays est compliqué. Il y avait une guerre civile, qui s’est calmée un peu aujourd’hui car il y a un nouveau président, mais à l’est du Congo c’est un massacre perpétuel, qu’on me reproche d’ailleurs”, poursuit-il.

“un chanteur au Congo, c’est comme un homme politique”

“On m’a reproché de ne pas prendre parti, ou de ne pas assez en parler, de ne pas me positionner. On me reproche ce qu’on peut reprocher à un homme politique”, explique Gims. “Le Congo, c’est particulier : un chanteur au Congo, c’est comme un homme politique. Il est le représentant d’une Nation, même s’il ne fait pas de politique. C’est ce que moi je reproche aux Congolais : de reprocher aux chanteurs des choses qu’on doit reprocher aux politiciens. Ça n’arrange pas les choses”.

L’artiste estime qu’un chanteur est avant tout “là pour véhiculer des émotions, pour le plaisir des gens. Il n’est pas là pour faire de la politique, même s’il peut bien sûr en parler dans ses chansons”. A défaut de se rendre à Kinshasa, Gims ne rompt pas totalement les liens avec la RDC et l’Afrique : une fois sa tournée achevée, il prévoit de se consacrer à un projet d’accès à l’eau potable dans plusieurs pays africains, et veut également ouvrir au Maroc et en Côte d’Ivoire un studio d’enregistrement pour “donner leur chance” aux artistes locaux.

“bouleversé” de ne pas avoir obtenu la nationalité française

Né il y a 32 ans à Kinshasa, capitale du Zaïre (devenu la RDC), que ses parents ont fui lorsqu’il était en bas âge, Gandhi Djuna de son vrai nom s’est vu refuser l’obtention de la nationalité française et renonce à la redemander une seconde fois.

“Honnêtement je n’y pense plus trop parce que je me suis fait à l’idée et je n’ai pas envie d’être déçu à nouveau… J’ai renoncé, oui et non. Ça m’a bouleversé un peu tout ça”, confie Gims sur Europe 1. “Je pense que ce n’était pas trop demandé. C’est cohérent avec ce que je fais, l’endroit où j’ai grandi, ce que je défends, pour moi c’était logique. Mais ça ne m’empêche pas de me sentir français”, assure-t-il.
Europe 1 

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