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Au Congo, à qui reviendra le contrôle de la majorité parlementaire

A quelques heures de l’election du nouveau Bureau de l’Assemblée nationale, la démarche portant le rééquilibrage des forces au sein du Parlement, menée par le président Tshisekedi, fait face à l’activisme politique tenace du Front commun pour le Congo – FCC -, qui n’a jusque-là usé de ses véritables forces de frappe. Dix-huit années à la tête du pays, les munitions, les vraies, pour faire douter le pouvoir du parti présidentiel UDPS, ne manquent pas. Pour l’instant, ces sont des rencontres politiques qui s’opposent. Dimanche 03 janvier, les deux camps se sont réunis dans la capitale congolaise, Kinshasa.

Félix Tshisekedi s’est entouré à la Cité de l’Union africaine des députés nationaux qui ont rejoint sa nouvelle dynamique politique, l’Union Sacrée. « 11 groupes parlementaires ont pris la parole pour réitérer leur engagement à l’Union Sacrée, 302 députés étaient présents selon la liste de présence », renseigne un élu qui a participé à ces assises, dont très peu d’éléments circulent pour préserver le caractère « stratégique » de la réunion, ajoute un autre.

« Le président compte sur les députés de l’Union Sacrée. Il nous a demandé de jouer notre rôle de contrôler le gouvernement. Le président a insisté sur la lutte contre l’impunité. Il a évoqué la question de la sécurité à l’Est, il tient au retour de la paix », a expliqué aux médias le député Muhindo Nzangi. Pour la consommation médiatique, sans nul doute.

Selon ce dernier et Patrick Muyaya, un autre élu, plus de 300 députés ont pris part. Certains connus comme fervents partisans de la famille politique de l’ancien président Joseph Kabila tels que Ruakabuba, Serofuli, Ngoyi Kasanji, Charles Okoto…

De l’autre côté, toujours à Kinshasa, sans la présence de « l’autorité morale » Joseph Kabila ayant établi son QG politique dans le Haut-Katanga au Sud-Est du pays, la conférence des présidents du FCC s’est aussi réunie. A l’issue des travaux, elle a constaté des « pratiques attentatoires aux acquis démocratiques » dans la gouvernance de Tshisekedi.

Le FCC les énumère dans son communiqué final. « L’offensive de l’UDPS contre le Parlement en rétorsion » au vote de déchéance de Jean-Marc Kabund, son président intérimaire, au Bureau de l’Assemblée nationale l’année dernière; l’inviolabilité du siège du Parlement consacrée par la loi mais « malmenée à maintes reprises par des autorités judiciaires, militaires, policières et même des activistes du parti présidentiel pour contraindre les députés nationaux à se soumettre à la volonté et aux intérêts particuliers du président de la République; certaines « violations de la constitution » par le président Tshisekedi; « l’arrestation arbitraire » du ministre de la justice, garde des sceaux pour avoir commis une « simple faute administrative ne méritant qu’une sanction disciplinaire »; l’appui « abusif sur la justice et les technostructures sécuritaires (Police, ANR, FARDC) pour se constituer des majorités artificielles différentes de celles issues des urnes »…

Et pour conclure, le FCC de Joseph Kabila condamne la désignation « unilatérale » par le président de la République d’un informateur chargé d’identifier une majorité « qui existe déjà » et décide de s’opposer de toutes ses forces à « la dérive totalitaire ainsi qu’aux incitations subséquentes à la haine sur base d’appartenance ethnique et/ou politique.

Le décor défini les tensions politiques sur la rive gauche du fleuve Congo. Les partisans de deux désormais ex-partenaires, Félix Tshisekedi et Joseph Kabila, se livrent à un corps à corps politique rare. L’objectif, contrôler l’Assemblée nationale, mieux, le Parlement. Et faire passer des réformes jugées favorable à sa politique.

Obtenir les postes clés du Bureau de l’Assemblée nationale demeure une étape décisive pour le contrôle du Parlement. Les opinions congolaise et étrangère assistent donc à un bras de fer purement politique. « Le social viendra plus tard », tranche sans rire un défenseur du pouvoir Tshisekedi.

TAD

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