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Usine de froment de Limete (Fab): des expulsions en série injustifiées après l’écroulement du silo de blé

Avec des expulsions en série du gérant et des quelques cadres de l’usine de blé qui s’est écroulé dernièrement à Limete (Fab), l’affaire prend l’allure d’un règlement des comptes aux motivations commerciales. Celles-ci sont injustifiées car les responsables avaient clairement fait savoir qu’ils n’entendaient nullement se dérober de leurs responsabilités vis-à-vis de l’Etat congolais.

Après l’écroulement d’un silo de blé de lusine de la société FAB Congo dans la Commune de Limete, les autorités administratives ont décidé, contre toute attente, de procéder aux expulsions en série des cadres de cette entreprise de fabrication de la farine de blé. Le gérant en a fait les frais le premier lui qui a été expulsé la semaine passée de la RDC.

Dans les rangs des victimes comme dans ceux des travailleurs, on n’arrive pas à comprendre cette attitude, alors que le dossier est en cours d’instruction au niveau de la justice. Y a-t-il quelque chose qu’on veut cacher derrière ces expulsions ? Y aurait-il une main noire qui cherche à neutraliser un concurrent potentiel sur le juteux marché de farine de blé.
Dans l’opinion, les avis sont partagés.
Toujours est-il que depuis la semaine dernière, la machine à expulsion massive est en plein régime. Après avoir vus la confiscation de leurs visas pour la RDC, des expatriés dont les gérants de cette entreprise sont expulsés sans préavis, quoi qu’en règle avec la Direction générale de migration (DGM). Au total 15 expulsions ont été opérées. Le refus d’octroi des visas empêchent le fonctionnement de l’usine.

Bien que disposés à répondre des griefs leur mis en cause après l’écroulement du silo de blé qui s’est soldé par mort d’hommes à Limete, l’on ne comprend pas pourquoi l’Etat congolais a enjambé la procédure en levant l’option des expulsions, au moment les présumés coupables étaient prêts à répondre civilement et pénalement de l’accident survenu dans leur usine de Limete.

Une fermeture aux conséquences désastreuses

Dans les milieux des opérateurs du secteur, c’est le désarroi. Derrière cette action d’expulsion, certains y voient déjà une bataille commerciale dont l’objectif est d’étouffer la concurrence dans le marché des produits dérivés du blé. Tout se passe comme si l’objectif est de précipiter la fermeture de FAB Congo.
Malheureusement, en procédant ainsi, c’est plus 2.000 emplois locaux qu’on veut sacrifier, sans compter des conséquences économiques catastrophiques que cette décision de fermeture pourrait susciter de part et d’autre. Sans doute l’Etat congolais ne manquera-t-il pas non plus de subir les conséquences de cette mesure injuste de fermeture, notamment en termes d’impôts, droits et taxes.

Informé dernièrement de toutes ces manœuvres, le député national Toussait Alonga avait tiré la sonnette d’alarme, craignant que la société FAB Congo et ses travailleurs ne soient jetés en pâture. Plaidant en faveur de l’indemnisation de nombreux travailleurs de cette société de transformation et fabrication de son et farine de blé, qui se trouvent abandonnés à la suite de la fermeture de l’usine de Limete, l’élu du peuple dénonçait en même temps « le silence coupable » des ministres de l’Industrie, de Travail et prévoyance sociale sur cette question.

L’élu national n’a pas caché son dépit : « Comment les congolais peuvent-ils être sacrifiés au profit des intérêts sordides d’un groupe des gens ? Pourquoi le Gouvernement ne protège pas l’emploi qui existe déjà ? » Avant de s’indigner du fait qu’ « au lieu de laisser indemniser les congolais morts lors de l’incident survenu le 28 août dernier, on préfère expulser le gérant et fermer la société FAB Congo ».
Au regard de toutes ces incohérences, le député national avait promis de porter cette affaire devant l’Assemblée nationale pour une solution prenant en compte aussi bien les intérêts des travailleurs que des victimes de l’écroulement du silo de blé, tout en garantissant l’avenir de l’entreprise.
Pour rappel, depuis l’accident du 28 août 2018, FAB Congo a été contraint de fermer ses portes. Le silo de blé de cette société s’est écroulé sur un hôpital, causant la mort d’au moins 5 personnes, des blessés et d’importants dégâts matériels.

7sur7.cd

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