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J-P BEMBA DÉNONCE UNE « PARODIE D’ÉLECTION » EN VUE

Pour sa part, le MLC annonce la mise sur pied d’un comité de crise, en collaboration avec les autres forces de changement, en vue de l’élaboration d’un agenda des actions citoyennes. 
Après son inéligibilité proclamée lundi 3 septembre par la Cour constitutionnelle, Jean-Pierre Bemba délie sa langue. Dans une interview exclusive hier mardi à France 24, repris en grandes lignes par notre consœur Agence France Presse (AFP), le chairman du Mouvement de libération du Congo (MLC), dénonce la simulation du scrutin prévu le 23 décembre prochain.  » Nous allons assister à une parodie d’élection « , ponctue Jean-Pierre Bemba.

Dans la même veine, le MLC, parti cher à Jean-Pierre Bemba, prend à parti la Centrale électorale et la Cour constitutionnelle. En ce qui concerne la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le parti de l’avenue du Port à Gombe la considère comme acquise à la cause du pouvoir de Kinshasa. Dans une déclaration politique hier à l’Interfédéral du parti sur l’avenue de l’Enseignement dans la commune de KasaVubu, Mme Eve Bazaïba, Secrétaire générale du MLC, durcit le ton. Selon elle, la CENI étant totalement aliénée, ne laisse plus le moindre espace aux concertations avec les parties prenantes au processus électoral en cours et décide seule. 
Quant au pouvoir judiciaire, particulièrement la Cour constitutionnelle, le MLC, par la bouche de sa SG, l’accuse de rendre des  » Arrêts sur commande politique », au point de frelater le système légal. Ce qui, selon le parti, constitue un danger réel quant à la suite même dudit processus. Etant désormais fixé sur le sort de son leader scellé depuis la soirée de lundi 3 septembre, le MLC ne compte plus que sur des stratégies communes pour la poursuite de son combat politique. 
Question. A la suite de l’invalidation de la candidature de Jean-Pierre Bemba à la présidentielle, le MLC participera-t-il ou pas, au processus en cours ? Au sein du parti, l’option définitive reste encore à lever. Le temps pour le parti, ensemble avec ses alliés, de se donner un bref moment d’évaluation, avant de communiquer son ultime décision. En attendant, le parti de Jean-Pierre Bemba annonce la mise sur pied d’un comité de crise, avec la participation de toutes les autres forces de changement en vue de l’élaboration d’u agenda des actions dites citoyennes. Objectif : « amener le peuple congolais à reconquérir ses droits souverains confisqués par un groupe de prédateurs « , souligne Eve Bazaïba dans la même déclaration du parti hier. Forum des As publie ci-dessous, les lignes essentielles de l’entretien de Jean-Pierre Bemba sur France 24 et, en fac-similé, la déclaration du MLC. Laurel KANKOLE

Sur France 24 : exclu de la course présidentielle, JP Bemba dénonce une « parodie d’élection »
Adversaire de poids au président congolais Joseph Kabila, l’ex-chef de guerre Jean-Pierre Bemba a été définitivement écarté de la présidentielle par la Cour constitutionnelle. Sur France 24, il a dénoncé une « parodie d’élection ».

L’ex-chef de guerre Jean-Pierre Bemba a été exclu, lundi 3 septembre, de l’élection présidentielle prévue le 23 décembre 2018 en République démocratique du Congo par la Cour constitutionnelle, en raison de sa condamnation pour « subornation de témoins » par la Cour pénale internationale (CPI).
Président du Mouvement de libération du Congo (MLC), Jean-Pierre Bemba, qui passait pour un candidat de l’opposition sérieux à la succession du président Joseph Kabila, a vivement réagi, mardi, en exclusivité sur l’antenne de France 24.
« La Cour constitutionnelle est aux ordres du pouvoir en place (…). Tout ça n’est qu’une mise en place qui veut que le candidat du pouvoir puisse ne pas avoir de candidat sérieux devant lui », a-t-il ajouté.
Nous allons « assister à une parodie d’élection » en décembre, a estimé l’ancien rebelle, qui avait été acquitté en appel par la Cour pénale internationale (CPI) de sa condamnation à 18 ans pour crimes de guerre et contre l’humanité commis par sa milice en Centrafrique. La même instance l’avait condamné dans une affaire annexe, pour « subornation de témoins », une condamnation qui a motivé son exclusion de la présidentielle, selon la Cour constitutionnelle congolaise, qui confirmait une décision de la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

« C’EST L’AMERTUME QUI FAIT PARLER MONSIEUR BEMBA »
Pour la Cour constitutionnelle, « la subornation de témoins est une circonstance aggravante dans l’infraction de corruption » en RD Congo. « C’est en bon droit que la Céni a conclu à l’inéligibilité de M. Jean-Pierre Bemba ». « Il est évident que la justice a été instrumentalisée pour m’écarter », a rétorqué l’ex-chef de guerre, âgé de 55 ans, qui avait déposé sa candidature après un retour triomphal à Kinshasa en août.

LE PORTE-PAROLE DU GOUVERNEMENT ACCUSE JEAN-PIERRE BEMBA DE POLITISER LA DÉCISION DE LA COUR CONSTITUTIONELLE
Interrogé par France 24, Lambert Mandé, ministre de la communication et porte-parole du gouvernement de la RD Congo, a accusé de son côté Jean-Pierre Bemba de politiser la décision de la Cour constitutionnelle.
« C’est l’amertume qui fait parler monsieur Bemba, il faut absolument qu’il ait du respect pour nos instances judiciaires, a-t-il affirmé. On a l’habitude lorsqu’on perd un procès d’avoir beaucoup d’amertume, mais pour autant qu’il a voulu exercer la magistrature suprême, la première chose qu’il devrait faire, c’est de montrer du respect pour la Constitution du pays, qui consacre l’indépendance du pouvoir judiciaire, et qui fait qu’un homme politique n’a pas à porter des jugements de valeur sur un arrêt de justice, pris surtout au niveau de la plus haute cour de son pays. La Cour a décidé, il doit s’incliner, c’est ça, l’État de droit ».
Les partisans de Jean-Pierre Bemba, eux, affirment que la subornation de témoins est différente de la corruption et ne fait pas partie des motifs d’invalidation d’une candidature, selon la loi électorale. Avec AFP

JUGE DEMISSIONNAIRE
 » La Haute Cour pas compétente pour qualifier une infraction… « , affirme Banyaku Luape

Le Professeur Eugène Banyaku Luape, l’un des deux Juges avec l’autre Professeur d’Université, le Constitutionnaliste Chrétien Essambo qui ont démissionné de la Cour constitutionnelle avec sa composition de neuf Juges de départ. Luape a donné de la voix hier après le rendu de la Cour Constitutionnelle qui a invalidé Jean-Pierre Bemba Gombo, le candidat Président de la République en attestant que la subornation des témoins, c’est la corruption et que la procédure contre Jean Pierre Bemba à la CPI pour subornation des témoins est déjà irrévocable alors que le jugement en appel est fixé au 17 septembre 2018.

Banyaku Luape qui dit réagir en tant que scientifique prend à contrepied ce jugement de la Cour constitutionnelle. Il a affirme que celle-ci est allée trop loin de ses compétences constitutionnelles. L’ancien Juge de la Cour constitutionnelle soutient que la Cour n’est pas compétente pour qualifier les infractions comme elle l’a fait mardi dernier. Ce n’est pas dans les attributions de la Cour de dire que cette infraction, c’est la subornation qui est aussi la corruption ou le contraire. Ou encore que le viol est proche du vol. 
Sur quelle base légale, pose-t-il la question à la haute Cour. Tout en renchérissant que cette compétence de qualifier les infractions comme l’a fait la Cour constitutionnelle revient à la Cour de cassation. Et la CENI non plus n’a pas compétence de qualifier des infractions comme elle l’a fait par ses juristes-maisons. Si la CENI qui est une Institution publique éprouve des difficultés à déterminer une infraction, le maitre d’œuvre, c’est bien la Cour de cassation et non la Cour constitutionnelle. 
Le Prof Banyaku rappelle à ses anciens collègues de la Cour constitutionnelle, ce qu’ils savent par cœur qui est que leur compétence se limite à l’interprétation des dispositions de la Constitution.

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